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Nouvelle loi démarchage téléphonique 2026 : ce qui change pour les courtiers en assurance

Dès le 11 août 2026, le démarchage téléphonique bascule à l'opt-in : tout courtier doit obtenir un consentement préalable avant d'appeler un prospect. Impacts et sanctions.

Le paysage du démarchage téléphonique en France est profondément bouleversé depuis le 11 août 2026. La loi n°2025-594 du 30 juin 2025 impose désormais un consentement préalable (opt-in) pour tout appel commercial. Cette réforme majeure impacte directement les courtiers en assurance qui utilisaient le téléphone comme canal de prospection. Voici ce qui change concrètement et comment adapter votre pratique commerciale.

Ce que dit précisément la nouvelle loi

Depuis le 11 août 2026, l'article L. 223-1 du Code de la consommation, réécrit par la loi 2025-594, interdit tout appel commercial à un consommateur qui n'a pas donné son consentement préalable exprès. Fin du système Bloctel (opt-out) qui laissait aux consommateurs la charge de s'opposer au démarchage.

Trois principes clés :

  • Consentement préalable obligatoire et explicite avant tout appel
  • Consentement libre, éclairé et spécifique à l'activité de démarchage
  • Aucun consentement implicite ne peut être considéré comme valide

Impact concret pour les courtiers en assurance

Cette loi change radicalement les habitudes de prospection téléphonique des courtiers :

Ce qui devient INTERDIT sans consentement

  • Appeler un particulier trouvé dans un annuaire ou un fichier commercial
  • Contacter à froid un prospect via une base de données achetée
  • Relancer une personne rencontrée en salon sans son opt-in explicite
  • Utiliser des fichiers "opt-out" traditionnels

Ce qui reste AUTORISÉ

  • Suivi de contrats existants : renouvellement, avenant, gestion de sinistre
  • Extension de couverture pour un client actuel
  • Appels à des professionnels (B2B non concerné par la loi)
  • Appels à des prospects ayant donné leur consentement explicite (case cochée activement sur un formulaire par exemple)

Comment obtenir un consentement conforme ?

Le consentement doit être :

  1. Libre : sans contrepartie forcée
  2. Éclairé : le prospect sait exactement à quoi il consent
  3. Spécifique : le démarchage téléphonique est explicitement mentionné
  4. Traçable : vous devez pouvoir prouver le consentement en cas de contrôle

Exemples de canaux de collecte de consentement

  • Formulaire web avec case à cocher active (pas de case pré-cochée)
  • Landing page dédiée à la prise de rendez-vous téléphonique
  • Consentement recueilli en agence ou lors d'un événement
  • Opt-in lors d'un premier échange par email ou LinkedIn

Sanctions en cas de non-respect

Les sanctions administratives sont lourdes :

  • Jusqu'à 75 000 € pour une personne physique
  • Jusqu'à 375 000 € pour une personne morale
  • Publication de la sanction possible (impact réputationnel)

Les courtiers sont particulièrement exposés car la DGCCRF a annoncé une vigilance renforcée sur les secteurs de l'assurance et de la finance.

Adapter sa stratégie commerciale post-11 août 2026

1. Repenser la prospection

Le téléphone à froid étant devenu inutilisable, misez sur :

  • SEO local et Google Business Profile pour capter les prospects entrants
  • LinkedIn Sales Navigator pour approcher des professionnels (B2B non concerné)
  • Prescripteurs (experts-comptables, notaires, agents immobiliers) qui apportent des leads consentants
  • Content marketing et emailing opt-in

2. Structurer une base de consentements

Créez un CRM qui trace pour chaque contact :

  • Date et méthode de collecte du consentement
  • Preuve du consentement (capture d'écran, screenshot du formulaire)
  • Durée de validité (recommandé : 3 ans max sans renouvellement)
  • Possibilité de retrait à tout moment

3. Auditer ses pratiques actuelles

Vérifiez immédiatement :

  • Les fichiers utilisés par votre équipe commerciale
  • Les formulaires de votre site web (cases cochées activement)
  • Les scripts d'appels et les mentions données au début
  • Les CGV et politique de confidentialité (mentions RGPD + consentement)

Le B2B est-il concerné ?

Non, la loi 2025-594 ne s'applique qu'aux consommateurs. Les appels à des professionnels (courtiers B2B, entrepreneurs, dirigeants) restent autorisés dans les conditions usuelles (respect de l'article L. 34-5 du Code des postes et communications électroniques pour les CGP).

Cependant, la prudence reste de mise : de nombreux "dirigeants" utilisent leur numéro personnel, ce qui les fait basculer dans le régime consommateur en cas de doute.

Ce qu'il faut retenir

Le 11 août 2026 marque la fin du démarchage téléphonique à froid pour les particuliers. Les courtiers en assurance doivent adapter immédiatement leur stratégie : miser sur l'inbound marketing, les prescripteurs et les consentements collectés en amont. Les sanctions étant lourdes (jusqu'à 375 K€), il vaut mieux auditer ses pratiques sans attendre. Pour aller plus loin sur la prospection courtier, consultez notre guide 12 stratégies de prospection.

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